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Cette dernière collection de Jean-Paul Gaultier eu l’effet d’un raz-de-marée pour moi. Un défilé haute couture inspiré par la Bretagne, sa mer, ses crêpes, ses bigoudènes et ses marins. Autant vous dire que tout cet environnement, je le connait par cœur. Oui, je suis bretonne à cent pour cent. Père breton, mère bretonne, née à Lorient, dans le Morbihan, mon enfance s’est ensuite déroulée à Quimperlé, petite ville du Finistère. Notre région a sa propre culture. Chaque bal populaire local diffuse des mélodies bretonnes qui nous poussent à danser en se tenant les petits doigts. Bizarre, dirait un Parisien ; mignon, dirait un Irlandais. Il est vrai qu’en Bretagne, on se fait parfois surprendre par un petit crachin. Il est faux qu’on s’y promène toujours en marinière et qu’on mange des crêpes à tous les repas. Mais tous ces petits clichés font le charme de notre région, clichés dont s’est inspiré Jean-Paul Gaultier.

Mon sourire n’a pas faibli pendant ces trente minutes de défilé, une véritable occasion de redécouvrir la mode de ma région. Les premiers sons que l’on perçoit sont des cris de mouettes, le bruit d’une mer agitée et d’un bateau arrivant au port. Les caisses claires commencent à raisonner, les cornemuses se gonflent, la lumière devient bleu en rappel de l’océan et du climat Atlantique. Tout est là, on sentirait presque les embruns (précision : j’observe tout cela derrière un écran). La sublime silhouette d’Anna Cleveland apparaît, commence à avancer de manière théâtrale sur le podium, coiffée à la bigoudène, vêtue d’une tenue inspirée du costume traditionnel breton en version Gaultier. Le tablier est rond, en rappel de la crêpe. Les rayures si chères au créateur sont là aussi, et seront omniprésentes tout au long du défilé. Au fur et à mesure, je redécouvre ce que je connais déjà mais façon Haute Couture Parisienne. Les couleurs de base bretonnes sont là. Le rouge, le blanc, le noir, le bleu, le jaune cidre qui vire au doré. On retrouve aussi nos chers sabots. Oui, mais ceux-ci sont fourrés. Les coiffes, elles, sont faites de cheveux.

Rayures, bigoudènes et costumes marins chez Jean-Paul Gaultier. (style.com)

Rayures, bigoudènes et costumes marins chez Jean-Paul Gaultier. (style.com)

Quelques fois la bretonne fume la pipe. D’autres elle chamboule le dress code en mixant style Parisien et Breton. Elle révèle alors son côté burlesque et sexy à travers des robes à paillettes et des jeux de transparence.

La bretonne Gaultier, séduisante et burlesque. (style.com)

La bretonne Gaultier, séduisante et burlesque. (style.com)

Elle assortit ses tenues traditionnelles à des pièces en cuir, conférant un esprit rock à ses habits qu’on pensait si traditionnels. Elle ose même arborer le trench, version Breizh bien sûr.

Trenchs revisités et vestes en cuir par-dessus une tenue traditionnelle. (style.com)

Trenchs revisités et vestes en cuir par dessus une tenue traditionnelle. Rencontre d’un nouveau genre entre la Parisienne et la Bretonne. (style.com)

La Bretonne de Gaultier a du chien. Elle est sûre d’elle, moderne et franche. Elle est blonde, brune, rousse, noire. Viens d’ici et d’ailleurs. On redécouvre les noces bretonnes façon Jean-Paul Gaultier avec une mariée non pas en blanc, ni en tenue traditionnelle, mais en peau de bête. Le bagad Pariz Ti Ar Vretoned la suit. Cette fois-ci, les bombardes donnent le ton. Oui, ça fait du bruit ! Jean-Paul Gaultier accourt vers le devant de la scène en dansant aux côtés d’Anna Cleveland, toujours habillée d’une robe de mariée néo-bretonne. Tout cela semble irréel. Ce folklore breton, à une Fashion Week Haute Couture. Je ne pourrais même pas expliquer ce que cela représente pour moi. Je me souviens avoir observé ces robes traditionnelles l’année dernière à une représentation de danse bretonne en me demandant si un jour un grand couturier les revisiterai. Mais jamais je n’aurai imaginé que Monsieur Gaultier oserai. JPG  relie mode et tradition, rapproche la Parisienne de la Bretonne, rase ces barrières séparant notre Bretagne de Province à Paris.
Si vous cherchiez encore ce qu’était la Parisienne de Province, Jean-Paul Gaultier en a créé une. Une provinciale qui explore à la fois le style Parisien, les tendances et concilie le tout à un style local, le style de sa région. C’est cette mode-là qu’on aime. Celle qui ne se pose pas de questions. Merci pour ça, Jean-Paul Gaultier.

(source : style.com)

(source : style.com)

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